Rencontre avec Louis Sanchez, acheteur pour Le Slip Français

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En seulement 10 ans, Le Slip Français est devenu le symbole du bon-à-porter. Entre valorisation du savoir-faire français et création d’un « vestiaire porteur de sens », l’entreprise s’inscrit avec brio dans une démarche éco-responsable. Acheteur Matières Premières, Louis Sanchez répond à nos questions et nous dévoile un quotidien qui mêle bienveillance et professionnalisme. C’est sans détour que cette interview illustre l’importance d’une gestion des achats plus responsable avec une relation fournisseurs au cœur des préoccupations.

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ? 

« Je suis Louis Sanchez, acheteur Matières Premières chez Le Slip Français. Terminant mes études à l’INSEEC de Bordeaux, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers le secteur des achats. En effet, la volonté de négocier, la forte dimension humaine avec la gestion fournisseurs, le suivi de la qualité… offrent une diversité dans les missions quotidiennes et apportent une pluralité des compétences. L’enjeu est de trouver un équilibre entre le respect des normes, la qualité, sans délaisser le côté humain. C’est l’ensemble de travail de discussion qui m’a intéressé.

Travailler pour une entreprise à taille humaine est une volonté personnelle. L’envie de se dépasser est d’autant plus forte. Chacun mesure son impact sur l’évolution de l’activité. Cela crée une forme d’émulation et favorise la stimulation de la productivité. Une petite structure permet de jongler plus facilement entre plusieurs missions. De la négociation, du suivi de l’acheminement des matières premières jusqu’au fabriquant en passant par la gestion de la logistique… Acheteur est aujourd’hui un métier très éclectique. »

Les enjeux d’un acheteur made in France sont-ils différents  ? 

« Le Slip Français s’est engagé à construire une industrie textile Made In France plus équitable et responsable. Nous travaillons exclusivement avec des fournisseurs et fabricants français. Ce serait une hérésie de penser que le coût de la matière, de fabrication sera le même que nos concurrents internationaux. Notre objectif est de satisfaire l’ensemble des acteurs de la filière. Dans la conscience collective, l’acheteur traite avec le fournisseur si et seulement si la négociation est poussée à son paroxysme. Chez nous, c’est différent. Nous veillons à trouver un juste équilibre. C’est dans cette démarche-là et en gardant cette ligne de conduite que nous faisons nos négociations.

La filière textile française est dans la tourmente depuis plusieurs années. La vocation du Slip Français est de redorer son image tout en lui redonnant une place importante au sein de l’industrie nationale. Nous nous heurtons cependant à une réelle problématique auprès du grand public. Malgré les nombreuses polémiques sur la fast-fashion, les consommateurs ne semblent pas prêts à changer leur façon de s’habiller. Chez nous, la sensibilisation passe par une transparence des différentes étapes de notre production.  C’est grâce à la communication que Le Slip Français espère réellement faire changer les mentalités. L’avenir risque d’être compliqué si des changements ne sont pas opérés. »

Le bien-être de vos partenaires est primordial. Comment faites-vous pour entretenir de bonnes relations ? 

« Le contact humain est primordial ! Il y a une forte volonté de faire attention à tous les acteurs qui composent notre chaîne de production.  Nous essayons de nous voir régulièrement, malgré la complexité de la crise sanitaire. Nous découvrons le quotidien de nos fournisseurs et fabricants à travers la visite de leurs usines. Les échanges sont au cœur de tout ! Nous veillons à toujours discuter avec nos partenaires.

Il serait utopiste de penser que les relations sont toujours au beau fixe. Nous pouvons faire face à certains désaccords. Mais nous n’avons pas la vocation à laisser un problème s’envenimer ! La communication est notre arme secrète pour désamorcer un litige. Le principal est de garder un côté humain. Nous ne sommes pas que des chiffres, il n’y a pas que des marges… Le plus important est d’avoir du plaisir à travailler ensemble.

Entretenir de bonne relation avec ses partenaires est un enjeu pour l’acheteur. C’est d’ailleurs une des principales missions de mon quotidien. »

Cette proximité vous permet-elle de tisser des liens plus fort avec vos interlocuteurs ? 

Travailler avec des acteurs locaux et nationaux donne une tout autre saveur à notre quotidien. On voit des entreprises qui sont dans la famille depuis plusieurs générations. Il y a de véritables histoires d’entreprises et cela est très enrichissant ! Nous développons forcément des relations plus étroites. Ce qui est très précieux ! Autant pour l’entreprise que pour nous ! Il y a des partenaires avec qui nous tissons des liens qui sont assez forts, qui deviennent parfois des partenaires historiques pour Le Slip Français.

Quelles sont vos missions ?

« En amont, le pôle Développement va réaliser un sourcing pour sélectionner les fournitures qui répondent le mieux à notre besoin. C’est à la fin de cette étape, que j’interviens. Mon rôle est de finaliser la commande, grâce à l’entrée en négociation avec le fournisseur. Lors de la finalisation de la commande, certaines conditions sont à respecter comme le respect des délais et la qualité des matières premières. Ce contrôle se fait par la réception d’un échantillon au préalable.

Nous entrons ensuite dans la partie « gestion des approvisionnements avec l’arrivée de nouveaux acteurs dans le processus : les usines. Nous n’avons pas d’usine en nom propre. Nous faisons travailler des industries déjà présentes. Je renvoie les plannings d’approvisionnement. Le plus important est de les informer des dates d’échéances, des volumes qu’ils vont recevoir. Il faut que l’information soit fluide et être réactif !

Nous avons également quelques missions annexes ! Nous travaillons en collaboration avec nos différents services et pour répondre à certains de leurs besoins. Gestion des stocks, présentation des matières pour les collections futures… Le métier d’acheteur s’élargit à mon plus grand plaisir ! »

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre métier ? 

« Au-delà de l’aspect négociation, il y a indéniablement le contact avec les fournisseurs. J’ai la chance de travailler avec des acteurs très sympathiques. Les chiffres, les questions de rentabilité n’ont de sens pour moi que si notre partenaire prend du plaisir à travailler à nos côtés. C’est avant tout un échange, la création de cette synergie est bénéfique pour tous. L’acheteur devient un intermédiaire. Il crée le lien. »

Avez-vous eu des surprises en devenant un acteur de l’industrie textile française ? 

« Oh oui ! Je ne m’attendais pas à entrer dans un secteur aussi fermé où les acteurs se connaissent tous et où tout se sait très rapidement. Ce micro-environnement ne laisse pas la place à l’erreur et de bonnes relations fournisseurs sont les clés d’une réussite. Lorsque l’on prend conscience du fonctionnement de cette industrie, on comprend que la gestion de l’humain est essentielle dans le quotidien de l’acheteur. »

Qu’est-ce qui vous frappe aujourd’hui ? 

« Il y a un véritable enjeu marketing avec la notion de filière responsable. Certaines entreprises utilisent cet argument sans pour autant jouer le jeu à 100%. Plus globalement dans le secteur du textile, certains acteurs sont peu considérés. Il est nécessaire de produire un produit qui est éthiquement plus proche des valeurs du Slip Français et qui est plus respectueux de l’environnement et des acteurs qui participent au produit final. L’enjeu est d’inscrire les achats dans une démarche plus durable. Nous devons consommer mieux, consommer responsable, peut-être consommer un peu plus cher, mais surtout donner un sens à ses achats. »

Devant le surgissement des catastrophes environnementales, un changement de paradigme s’amorce depuis plusieurs années. Le Slip Français a fait de cet enjeu son engagement principal : apporter à l’industrie du textile des produits responsables. Acheter des produits 100% français a fait le succès de leur activité ! Avec bienséance et passion, Louis Sanchez nous a partagé un quotidien où la relation avec les différents intermédiaires est essentielle. Créer du lien, entretenir le dialogue permettent de fluidifier un processus achats responsable. Merci pour ce témoignage, qui, on l’espère, vous aura intéressé autant que nous.

Vous êtes concerné.e par les Achats et avez à cœur de nous partager votre quotidien ? N’hésitez-plus ! Contactez-nous sur nos réseaux sociaux ou sur communication@weproc.com.


 

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