Rencontre avec Nicolas Bonetti, Acheteur chez ADP

ADP Automatic Data Processing Weproc

Nicolas Bonetti est un acheteur passionné par son métier. Depuis 10 ans, il évolue dans le domaine des achats et travaille actuellement chez Automatic Data Processing en tant qu’acheteur Indirect, IT & Facilities. Avant de rejoindre ADP, Nicolas a travaillé pour plusieurs entreprises allant de la petite PME au grand groupe.

La richesse de son parcours lui a permis d’avoir une vision globale des achats et des relations avec les fournisseurs, et de constater différentes maturités de processus.

Nous sommes heureux d’avoir eu l’opportunité d’échanger avec lui au sujet des achats et il nous parle de cela dans l’article suivant.

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

« Je m’appelle Nicolas Bonetti, j’ai bientôt 32 ans et j’ai commencé ma carrière d’acheteur il y a maintenant 10 ans. J’ai d’abord commencé par suivre une formation classique avec un bac S, une classe préparatoire puis une école de commerce, l’INSEEC à Paris, où j’ai choisi la spécialisation IMA (International Management et Achats).

Cela fait maintenant 2 ans que j’ai rejoint Automatic Data Processing, une entreprise américaine leader mondial du SIRH et du traitement de paie. J’ai en charge les achats Facilities pour la France ainsi qu’une partie des achats IT sur un périmètre plus global, EMEA. En France, nous centralisons les achats européens pour les IT. J’ai suivi une formation “d’Emerging Leader” en interne afin de débuter des fonctions managériales et depuis peu, j’ai la gestion totale des achats pour la Suisse.

Avant cela, j’ai acquis plusieurs expériences professionnelles, allant de la toute petite PME à la grande entreprise Renault Nissan, où j’étais acheteur commodités. J’ai également occupé plusieurs postes en achats indirects et j’ai travaillé pour HEC Paris sur des achats publics. Ce que j’aime dans mon parcours, c’est que j’ai vu plusieurs entreprises, différents contextes et j’ai eu différentes relations avec les fournisseurs, différents rapport de force. J’ai également pu constater différentes maturités de processus : autrement dit la petite PME ne fonctionnait pas comme chez Renault qui était très mature. »

À quoi ressemble votre journée type ?

« Mon travail se divise en plusieurs tâches. D’un côté, il y a l’aspect administratif des achats et des données, c’est-à-dire la création de tableaux de bord, le suivi des processus, ainsi que la validation de certains processus. J’ai beaucoup de réunions et de rencontres avec les fournisseurs et les partenaires, ainsi qu’en interne avec les prescripteurs. Le côté relationnel est très important dans ce métier.

Il y a un gros travail de veille et de suivi des consultations & appels d’offres, l’analyse des offres et la négociation. Il est également de mon devoir de préparer et de présenter les offres aux clients internes. En amont, je dois définir le cahier des charges avec le prescripteur, rédiger les pièces, lancer l’appel d’offres.

En plus de cela, je suis également chargé de vendre la fonction achats en interne auprès des collaborateurs et de veiller au respect des processus internes. 

En France, nous sommes une équipe de deux acheteurs, un manager, moi-même et un alternant. Pour les autres pays, nous avons entre un et deux acheteurs en local. »

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

« Je dois dire que j’apprécie deux choses dans mon métier. La partie qui me satisfait le plus c’est la possibilité d’être un acteur polyvalent en termes d’échange. J’aime le côté relationnel et l’échange constant avec les autres. Cela me permet de rencontrer différents collaborateurs de tous les métiers de l’entreprise. Je participe ainsi à de nombreuses réunions en interne avec les prescripteurs, ce qui est très enrichissant. De même, j’ai de nombreux échanges en externe avec les fournisseurs et les partenaires, ce qui me permet de développer mon réseau professionnel.

Ensuite, j’aime la partie négociation de mon métier. Il y a un peu d’adrénaline et de pression dans ce petit jeu stimulant. J’aime trouver des solutions et arriver à des compromis qui conviennent à toutes les parties. De plus en plus, je travaille sur des projets à grande échelle avec beaucoup d’enjeux, ce qui est très intéressant.

J’ai besoin d’analyser en profondeur chaque situation pour savoir qui est en face de moi et pourquoi il agit de cette manière. Tout cela me permet de sentir que mon métier est important et utile pour l’entreprise. »

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur une expérience vécue en lien avec votre métier ? 

« Bien sûr, j’ai une anecdote qui me vient en tête. Je me souviens d’une situation très délicate chez Renault. Nous ne pouvions pas nous permettre d’être responsable d’un arrêt de production et pourtant, un fournisseur nous a fait défaut.

J’ai dû trouver rapidement une solution de secours pour éviter une catastrophe. C’était probablement le moment le plus stressant de ma carrière. J’ai travaillé jusqu’à très tard pour trouver toutes les solutions possibles. À ce moment-là, j’ai réalisé à quel point il y avait une véritable dimension humaine et de partenariat dans notre métier.

Si la relation avec les fournisseurs est bonne, cela peut avoir des avantages, comme le fait d’être privilégié en temps de crise. Il est donc important d’être bienveillant et humble pour être prêt en cas de besoin.

Cette expérience m’a vraiment marqué et m’a rappelé l’importance des relations humaines dans notre travail. »

Que pensez-vous des achats au sein d’une entreprise ? 

« Je pense que les achats au sein d’une entreprise sont une fonction de plus en plus stratégique et valorisée. Avant, ce n’était pas une fonction enseignée à l’école et peu valorisée dans les entreprises.

A mes yeux, ces dernières ont vite fini par comprendre l’intérêt économique des achats. Forcément, ça a toujours été le nerf de la guerre. Cet intérêt économique a été facile à prouver et à faire comprendre. Les savings, ça parle à tout le monde. 

Mais aujourd’hui, elles sont aussi conscientes de tout le reste. La fonction achats a évolué vers une dimension plus RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) avec le choix des fournisseurs et la prise en compte de l’impact environnemental et social.

Dans mon expérience, la fonction achats peut jouer un rôle important en tant que facilitateur pour les autres départements de l’entreprise. Par exemple, si un département a besoin d’un produit spécifique, l’acheteur peut aider à trouver le bon produit avec le bon fournisseur.

En outre, l’acheteur est le garant des données de dépenses de l’entreprise et joue un rôle clé dans la gestion de ces données. Ainsi, la fonction achats est devenue un enjeu important au sein des entreprises, et elle est maintenant rattachée au Comex plutôt qu’au Directeur Financier. J’aime cette fonction car elle est en constante évolution et qu’elle permet de travailler avec des partenaires divers, en interne et en externe. »

Comment imaginez-vous les achats dans le futur ? 

« Dans le futur, je pense que les acheteurs vont devoir développer de manière croissante ce qu’on appelle les digital skills. Il sera nécessaire de maîtriser les outils informatiques et de travailler de concert avec les machines. En effet, la quantité de données à traiter sera de plus en plus importante et l’acheteur devra être capable de les manier et de les interpréter avec facilité. 

La fonction achats devra également s’adapter aux évolutions technologiques pour rester compétitive et solide dans ses processus, tout en maîtrisant les coûts. L’intelligence artificielle et les nouveaux outils de digitalisation seront très utiles pour résoudre les problèmes économiques et écologiques liés à l’achat.

Ainsi, en libérant du temps grâce à ces outils, les acheteurs pourront se concentrer sur des tâches à forte valeur ajoutée et renforcer les relations avec les fournisseurs. En somme, le métier d’acheteur devra se transformer pour s’adapter aux évolutions technologiques tout en restant au cœur de la relation avec les fournisseurs. »

Selon vous, quels sont les atouts de la digitalisation des achats ?

« Selon moi, la digitalisation des achats présente de nombreux atouts. Avant, je devais faire signer les devis ou contrats à la main dans un parapheur, avec le directeur présent sur site. Ensuite, le classeur était amené dans le bureau, le directeur signait, on scannait les feuilles on les envoyait. La digitalisation a permis de répondre depuis des années à nos problématiques de sécurité et de réactivité. 

Les projets de digitalisation des achats revêtent un intérêt stratégique, et sont de plus en plus inscrits dans les programmes de transformation des sociétés.

La fonction achat existe pour créer de la valeur. Et comme on l’a dit, les entreprises attendent des achats désormais bien plus que des économies. En effet, les achats maîtrisent de plus en plus la donnée et la performance. Nous sommes devenus garants de la data. Et nous répartissons cette valeur en interne et en externe.

La digitalisation est un allié de poids pour que la fonction achat puisse croître, prendre en reconnaissance et en importance.

Qui plus est, l’intérêt de la digitalisation peut et doit aller de paire avec une certaine pensée écologique. Le secteur d’activité de mon entreprise a déjà franchi ce cap. La digitalisation a permis de réduire l’utilisation du papier de façon tout à fait impressionnante. « 

 

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