Rencontre avec Vincent Chauveteau, Acheteur Leader chez Mercurial

mercurial

Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec Vincent Chauveteau, un professionnel passionné par les achats et le monde digital. Aujourd’hui, Vincent est acheteur leader chez Mercurial depuis 6 ans, tout en gérant également la digitalisation et le marketing digital de l’entreprise.

Cependant, son parcours n’a pas toujours été orienté vers les achats. En effet, il a commencé par obtenir un diplôme d’ingénieur en matériaux à Polytech Nantes, pour ensuite démarrer sa vie professionnelle en tant que consultant Achats chez des clients régionaux tels que ATLANTIC, Volvo Renault Trucks et Atlas Copco. Il est plus tard devenu Responsable Achats au sein de Duqueine Atlantique, avant de rejoindre Mercurial en tant qu’acheteur leader sur deux portefeuilles importants.

Mercurial est un groupement d’achat qui existe depuis 30 ans et qui a débuté par l’expérience de la mutualisation des achats de matières premières  avant de se diversifier dans d’autres types d’achats. Actuellement, l’entreprise compte 750 sites adhérents en France et propose une gamme de services allant des formations orientées achats et RSE notamment aux missions spécifiques pour accompagner les clients sur des sujets d’achats.

Dans l’interview suivant, Vincent nous parlera de son expérience en tant qu’acheteur, de la digitalisation dans les achats et de l’importance de la mutualisation des achats pour plus de compétitivité dans les entreprises et simplifier la gestion administrative.

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Je m’appelle Vincent Chauveteau, j’ai 38 ans et je suis acheteur leader chez Mercurial depuis 6 ans. J’ai également une casquette supplémentaire orientée vers la digitalisation et le marketing digital.

Mon parcours a commencé avec un bac S et un diplôme d’ingénieur Polytech Nantes. Contrairement à la majorité de ma promo, j’ai choisi un stage orienté commerce et achats chez Manitou côté pièces de rechange. Après 6 mois de stage, j’aurais pu être embauché, mais en pleine crise de 2008/2009, toutes les embauches ont été gelées. J’ai donc dû me tourner vers autre chose et j’ai opté pour le conseil achats chez Altran, qui est aujourd’hui Capgemini. J’ai démarré en tant qu’acheteur projet sous forme de missions chez des clients régionaux tels que ATLANTIC, Volvo Renault Trucks ou encore Atlas Copco, une multinationale suédoise qui fabrique des compresseurs et a une division outillages industriels. J’étais acheteur sur la partie câbles, moteurs et cartes électroniques. Ensuite, je suis devenu Responsable Achats chez Duqueine Atlantique, fabricant de sous-ensembles en composites pour l’aéronautique, en tant que responsable du site de 200 personnes et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. J’ai géré tout type d’achat, du crayon aux investissements de plusieurs millions d’euros et cela pendant 5 ans. Finalement, j’ai rejoint Mercurial en tant qu’acheteur leader sur 2 portefeuilles : les fournitures techniques  et l’IT.

Mercurial est un groupement d’achat qui existe depuis 30 ans. Ils ont commencé avec un constat simple : ils achetaient tous la même matière première (de la tôle acier) et ont décidé de s’associer pour grouper leurs achats et obtenir des prix plus intéressants. Cela a fonctionné et ils ont décidé de le faire pour d’autres types d’achats. Les 10 premiers adhérents ont donc mutualisé leurs achats et de nouveaux adhérents et fournisseurs ont rejoint le groupement au fil du temps.

Le but est de négocier des conditions préférentielles auprès des fournisseurs référencés pour les mettre à disposition des adhérents dans une optique de gains économiques et de temps. La gestion administrative est simplifiée, les prix sont meilleurs et les contrats sont mieux suivis. Nous avons actuellement 130 fournisseurs référencés pour couvrir 80 % des besoins d’un industriel classique.

Aujourd’hui, nous avons 750 sites adhérents répartis aux quatre coins de la France, avec une agence à Toulouse, une à Lyon et une à Lille. Nous avons des forces en présence pour répondre aux adhérents en région et animer le réseau en local. 

Nous proposons également des formations orientées achats et RSE ainsi que du conseil en management avec une certification Qualiopi. Notre  troisième branche d’activité concerne le conseil et la mission en achats délégués, où nous intervenons au besoin sur des missions spécifiques pour accompagner le client sur des sujets d’achats (organisation, cartographie, gestion d’appels d’offres, accompagnement aux processus achats au global, édition des cahiers des charges.

À quoi ressemble votre journée type ?

Je gère une trentaine de fournisseurs référencés au quotidien. Mon travail consiste principalement à accompagner les adhérents dans leurs achats. Par notre connaissance des marchés et des produits ou services, ils font appel à moi pour traiter un appel d’offres ou un achat plus spécifique.

Chaque jour, je gère les demandes des Adhérents en leur apportant une réponse positive et un conseil adapté à leurs attentes et leurs besoins.Mon objectif est de leur faciliter la vie. Je m’occupe notamment du sourcing et de la consultation, et je fais la comparaison et le benchmarking compte tenu des offres négociées pour le groupement

En plus de cela, je m’occupe également de la mise à jour de leur plateforme digitale MyMercurial, en veillant à ce que les données des adhérents et des fournisseurs soient à jour. Je peux également être amené à faire des missions ou du conseil, comme lorsqu’un adhérent sur un temps défini a besoin d’un accompagnement de transition et que j’ai pu faire le back-up pour l’aider à poursuivre son activité le temps de trouver quelqu’un d’autre.

Nous animons également des webinars pour le réseau d’adhérents en poussant de l’information sur les marchés qui les concernent, comme le transport, les énergies ou les matières premières. En interne, je porte également la casquette IT sur des sujets liés à la digitalisation.

Enfin, je consacre beaucoup de temps à la veille auprès des marchés, en échangeant avec de nombreux fournisseurs pour en savoir plus sur les actualités, les tendances et les attentes des industriels. Nous recevons également des fournisseurs prospects pour étayer nos offres et augmenter nos domaines d’activité. Mon travail consiste donc à accompagner nos adhérents au quotidien et à leur offrir un service sur-mesure pour répondre à leurs besoins.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

Lors de ma formation d’ingénieur, j’ai choisi de travailler dans la branche Achats car elle était, selon moi, la plus transversale au sein des entreprises industrielles. En effet, tous les services ont besoin d’acheter, que ce soit les RH, la direction, la méthode, la qualité, le programme, la sécurité ou encore le QHSE, car chacun est un prescripteur interne. J’aime la diversité d’échanges qu’offre ce métier, et ma personnalité curieuse et ouverte m’aide à apprécier les achats, qui sont très centrés sur les relations humaines.

En tant qu’acheteur, je considère être le manager des ressources externes et j’engage ainsi la responsabilité de l’entreprise sur les différents risques et opportunités identifiés, chez les fournisseurs. Il faut être très curieux, aller vers les fournisseurs, chercher l’innovation et le partenariat. Cette fonction est très intéressante de par la responsabilité et la relation créée avec les fournisseurs.

Le lien nécessaire avec les fournisseurs va de paire avec les relations humaines, et cela me plaît énormément. Aujourd’hui, un acheteur ne se contente pas d’acheter et de négocier un prix. De part son rôle, il est garant de la pérennité de l’entreprise et encore plus par les temps actuels avec les tensions sur l’énergie et les pénuries. La fonction d’acheteur est ancrée et très présente au sein de l’entreprise, notamment en relation avec la direction.

Que pensez-vous des achats au sein d’une entreprise ?

J’ai une conviction profonde quant à l’importance de la fonction Achats. C’est quelque chose de visible immédiatement, bien que son implication dans différents services et processus ne soit pas toujours claire, notamment en ce qui concerne l’optimisation des achats et les coûts indirects. Il faut raisonner en termes de coût global (TCO), mais cela n’est pas nécessairement compris dans toutes les entreprises.

Je pense que la fonction Achats n’est pas encore suffisamment mature, et que le discours actuel sur son importance n’est pas nécessairement compris par toutes les industries. Il faut presque faire de la pédagogie pour que cela soit compris. Il y a encore une notion de marketing Achats sur laquelle il faut travailler.

Cependant, chaque cas est spécifique, et si la direction de l’entreprise a décidé que la fonction Achats est stratégique, alors c’est une fonction stratégique et le Directeur des Achats est au Comité stratégique.

Personnellement, je suis convaincu que la fonction Achats est stratégique, car elle est responsable des ressources externes de l’entreprise. Si demain je ne suis pas capable d’être livré ou de négocier les prix de l’énergie, l’entreprise ne sera pas en mesure de fonctionner correctement et d’être compétitive sur son marché. C’est pourquoi je crois que la fonction Achats doit être prise au sérieux et que les entreprises doivent investir dans sa montée en maturité et son développement.

Comment imaginez-vous les achats dans le futur ? 

J’ai l’impression que l’avenir de mon métier en tant qu’acheteur est fortement lié à la digitalisation et à la gestion des données. En effet, avec les outils digitaux de plus en plus présents, je pourrais presque devenir un “data analyst”. Je serai un agrégateur et un analyste de données avec une proportion importante à être un décideur, et cela fera partie de mon quotidien. Plus besoin de faire de l’analyse dans tous les sens, car les outils le feront pour moi. Je serai davantage dans une démarche de relationnel avec les fournisseurs et les personnes en interne plutôt que de me concentrer sur le reporting et les calculs. Je me pencherai sur des thématiques où pour le moment l’IT et l’IA n’ont pas encore de sens : la curiosité, la prise de décision, la responsabilité pour la société. De plus, en tant que contract manager, j’aurai toute une batterie d’outils qui me permettront de savoir si mon contrat doit être remis en cause et, le cas échéant, les données nécessaires seront disponibles pour travailler sur la partie commerciale et contractuelle.

Cette évolution va réduire le champ d’intervention sur les tâches répétitives, mais cela me permettra de me concentrer sur l’humain et de passer plus de temps sur les sujets qui permettront d’avoir un vrai impact économique et sociétal sur la gestion des ressources externes. Des process plus efficients, moins de litiges, de retards, de pertes de temps et d’inefficacité.

Selon vous, quels sont les atouts de la digitalisation des achats ?

La digitalisation des achats ne peut pas être envisagée pour tous pour le moment. En effet, certaines entreprises ne sont pas encore prêtes, car elles n’ont pas les outils nécessaires, tel qu’un ERP, et utilisent encore des Excel. De plus, la gouvernance des données est encore floue pour une partie de la population industrielle.

Cependant, la digitalisation présente de nombreux avantages, notamment dans la gestion des demandes d’achats et des processus Achats par exemple. La mise en place d’un flux de travail digital permet d’éviter les erreurs humaines, de réduire les délais et de faciliter l’interface avec le panel fournisseurs. En notant les fournisseurs, cela peut également faciliter et rendre plus efficient le processus.

Il est donc important que l’entreprise soit mature et qu’une personne interne maîtrise la donnée. Ce domaine d’activité va exploser, car il sera nécessaire de savoir où se trouvent les données, comment les gérer et à qui en donner la responsabilité.

Je suis convaincu que maîtriser les données d’achats sera un sujet majeur dans l’avenir.

En outre, je pense que l’avenir de l’acheteur peut être de travailler avec un groupement. Les groupements permettent de créer des liens avec d’autres acteurs, un réseau fédéré et d’échanger, de partager des bonnes pratiques. Les clubs et les réunions thématiques sont aussi très intéressants, et l’apport externe est indéniable. L’avenir d’une industrie pérenne sera peut-être de travailler ensemble pour mieux se défendre et se développer .

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