À partir de 2026, la facturation électronique obligatoire va transformer en profondeur les pratiques de facturation des entreprises françaises. Cette réforme, qui s’inscrit dans un cadre réglementaire structurant et progressif, impose de nouveaux circuits de transmission, des formats normalisés et des obligations différenciées selon la nature des transactions. Pour en comprendre les fondements et les enjeux globaux, il est essentiel de se référer au cadre général de la réforme de la facturation électronique.
Parmi les notions les plus souvent confondues, deux termes reviennent systématiquement : e-invoicing et e-reporting. Utilisés indifféremment dans de nombreux contenus, ils recouvrent pourtant des obligations distinctes, des périmètres différents et des impacts opérationnels très concrets pour les entreprises. Cette confusion est l’une des principales sources de mauvaise anticipation de la réforme, notamment sur les échéances applicables et sur les flux réellement concernés.
La complexité est renforcée par un calendrier progressif, étalé entre 2026 et 2027, qui distingue clairement l’obligation de réception, l’obligation d’émission et la transmission de données à l’administration fiscale. Le détail de ces échéances est présenté dans notre calendrier officiel des obligations de facturation électronique 2026–2027.
Dans cette page, l’objectif est volontairement simple et opérationnel : expliquer clairement ce qu’est le e-invoicing, ce qu’est le e-reporting, qui est concerné par chaque obligation et à quelles dates, afin de vous permettre d’anticiper la réforme avec une vision claire, sans jargon inutile ni interprétation approximative.
E-invoicing et e-reporting : pourquoi ces deux notions sont souvent confondues
La confusion entre e-invoicing et e-reporting est l’une des plus fréquentes autour de la réforme de la facturation électronique. Elle s’explique d’abord par leur origine commune : les deux obligations sont issues du même cadre réglementaire et poursuivent un objectif partagé, à savoir la modernisation des échanges de facturation et l’amélioration du contrôle de la TVA.
Cette proximité réglementaire est renforcée par le fait que e-invoicing et e-reporting sont portés par les mêmes textes, déployés selon un calendrier similaire et mis en œuvre via les mêmes acteurs (plateformes agréées, Portail Public de Facturation). Pour de nombreuses entreprises, ces éléments donnent l’impression qu’il s’agit d’une seule et même obligation, alors qu’il s’agit en réalité de deux dispositifs distincts, avec des périmètres et des impacts très différents.
Le vocabulaire administratif contribue également à la confusion. Les termes “facturation électronique”, “transmission des données”, “déclaration”, ou encore “reporting” sont souvent utilisés de manière interchangeable dans les communications officielles, sans toujours distinguer clairement ce qui relève de l’émission d’une facture électronique et ce qui relève de la transmission de données à l’administration fiscale.
Cette ambiguïté a une conséquence directe : de nombreuses entreprises anticipent mal leurs obligations réelles. Certaines pensent être concernées uniquement par l’e-invoicing alors qu’elles relèvent aussi du e-reporting, d’autres retardent leur préparation en croyant que l’obligation ne les concerne pas encore.
Clarifier dès maintenant la différence entre e-invoicing et e-reporting est donc essentiel pour comprendre ce que vous devez faire, quand, et pour quels types de transactions, et éviter toute mise en conformité tardive ou incomplète.


Qu’est-ce que le e-invoicing ? (facturation électronique B2B)
Le e-invoicing, ou facturation électronique, désigne l’obligation d’émettre, de transmettre et de recevoir des factures sous format électronique structuré, selon un cadre réglementaire défini par l’État. Contrairement à un simple PDF envoyé par email, une facture électronique au sens de la réforme contient des données structurées exploitables automatiquement et circule via un circuit officiel sécurisé.
Dans le cadre de la réforme 2026–2027, le e-invoicing concerne exclusivement les transactions B2B domestiques, c’est-à-dire les échanges de factures entre entreprises françaises assujetties à la TVA. Il ne s’applique ni aux ventes à des particuliers (B2C), ni aux transactions internationales, qui relèvent d’un autre dispositif : le e-reporting.
Concrètement, le e-invoicing impose que chaque facture B2B soit :
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émise sous un format électronique autorisé par l’administration,
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transmise via une plateforme agréée,
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et que certaines données de facturation soient automatiquement transmises à l’administration fiscale.
Des formats électroniques normalisés
Les factures électroniques doivent utiliser l’un des formats reconnus officiellement :
Ces formats permettent une lecture fiable par les systèmes comptables et garantissent l’automatisation des contrôles, des rapprochements et de l’archivage. Pour un aperçu détaillé, vous pouvez consulter notre page dédiée aux formats de factures électroniques acceptés en France.
Un circuit de transmission encadré
Avec le e-invoicing, la facture ne circule plus directement d’un fournisseur à son client par email. Elle transite obligatoirement par une plateforme de facturation agréée, qui :
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contrôle la conformité du format,
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transmet la facture au destinataire,
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et relaie les données nécessaires à l’administration via le Portail Public de Facturation.
Le e-invoicing transforme ainsi la facture en un flux de données normé et tracé, au cœur du nouveau modèle de facturation B2B en France.
Le B2B n’est qu’une partie de la réalité des flux de facturation. Pour les ventes avec TVA à destination de particuliers ou les opérations internationales, la réforme prévoit un mécanisme distinct : le e-reporting.
Qu’est-ce que le e-reporting ? (transmission des données à l’État)
Le e-reporting est la seconde grande brique de la réforme de la facturation électronique 2026–2027. Moins visible que le e-invoicing, il est pourtant tout aussi structurant. Là où le e-invoicing organise la circulation des factures B2B, le e-reporting concerne la transmission de données de transaction à l’administration fiscale, même lorsqu’il n’y a pas de facture électronique au sens strict.
Une définition simple et opérationnelle
Le e-reporting correspond à l’obligation, pour certaines opérations, de déclarer à l’État des informations issues des ventes ou encaissements, via le circuit officiel de la facturation électronique.
Il ne s’agit pas d’envoyer une facture complète, mais de transmettre des données clés permettant à l’administration de suivre l’activité économique et la TVA associée.
En résumé : e-reporting = transmission de données, pas transmission de facture.
Quels sont les cas concernés par le e-reporting ?
Le e-reporting s’applique dès que les opérations ne relèvent pas du e-invoicing B2B France, notamment :
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Ventes à des particuliers (B2C) avec TVA
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Opérations internationales (export, livraisons intracommunautaires, prestations de services hors France)
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Certaines opérations spécifiques hors champ de la facture électronique obligatoire
Autrement dit, une entreprise peut être concernée par : le e-invoicing pour ses factures B2B domestiques, et le e-reporting pour une partie — parfois majoritaire — de ses autres flux.
Quelles données sont transmises ?
Les données transmises dans le cadre du e-reporting portent principalement sur :
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l’identification de l’entreprise émettrice,
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la date de l’opération ou de l’encaissement,
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le montant de la transaction,
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le montant de TVA collectée,
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la nature de l’opération (vente, prestation, encaissement).
Ces informations sont transmises via une plateforme agréée, puis relayées à l’administration fiscale (via le Portail Public de Facturation).
Un lien direct avec la TVA et le pilotage fiscal
Le e-reporting est au cœur de l’objectif fiscal de la réforme : améliorer la collecte de la TVA, réduire la fraude et fiabiliser les données économiques.
Pour les entreprises, cela implique un changement majeur :
les données de vente ne sont plus uniquement déclarées a posteriori, mais remontées de manière beaucoup plus régulière et structurée.
C’est pourquoi le e-reporting est souvent sous-estimé : il ne se voit pas dans les factures, mais il transforme en profondeur la relation entre l’entreprise et l’administration fiscale.
E-invoicing vs e-reporting : tableau comparatif clair
Pour lever toute ambiguïté, la manière la plus efficace de comprendre la différence entre e-invoicing et e-reporting est de les comparer point par point. Ces deux obligations font partie de la même réforme, mais ne portent ni sur les mêmes opérations, ni sur les mêmes flux, ni sur les mêmes objectifs.
Le tableau ci-dessous synthétise les différences clés, telles qu’attendues par l’administration fiscale dans le cadre du déploiement 2026–2027.
| Axe de comparaison | E-invoicing (facturation électronique) | E-reporting |
|---|---|---|
| Type d’opération | Transactions B2B France entre entreprises assujetties à la TVA | Transactions hors B2B France |
| Exemples concrets | Vente entre deux entreprises françaises | Vente à un particulier (B2C), export, intracommunautaire |
| Facture transmise ? | ✅ Oui, la facture électronique complète | ❌ Non, pas de facture, uniquement des données |
| Ce qui est transmis | Facture structurée (lignes, montants, TVA, références) | Données de transaction et/ou d’encaissement |
| Destinataire final | Client + administration fiscale (via plateformes) | Administration fiscale uniquement |
| Formats concernés | Factur-X, UBL, CII | Données structurées (selon schéma défini par l’État) |
| Circuit de transmission | Plateforme agréée → plateforme client → PPF | Plateforme agréée → PPF |
| Obligation à partir de 2026 | Réception obligatoire pour tous Émission pour grandes entreprises et ETI |
Débute avec les entreprises soumises à l’émission |
| Généralisation en 2027 | Émission obligatoire pour toutes les entreprises | Étendue selon les opérations concernées |
Ce qu’il faut retenir de la comparaison
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Le e-invoicing remplace l’envoi des factures B2B France
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Le e-reporting complète le dispositif pour tout ce qui n’est pas B2B France
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Une entreprise est très souvent concernée par les deux, simultanément
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Ignorer le e-reporting revient à ignorer une partie majeure de la réforme
En pratique, la conformité à la facturation électronique ne se joue pas uniquement sur le format des factures, mais sur la maîtrise combinée des flux e-invoicing et e-reporting, selon la nature réelle de vos transactions.
Cette distinction est centrale : elle conditionne vos outils, vos paramétrages… et votre conformité réelle en 2026–2027.
Qui est concerné par le e-invoicing ?
Le e-invoicing concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA qui réalisent des transactions B2B en France. À terme, toute facture émise entre deux entreprises françaises devra être transmise sous forme électronique via le circuit officiel.
Il faut toutefois distinguer deux obligations :
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la réception, obligatoire pour toutes les entreprises dès septembre 2026,
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l’émission, qui devient obligatoire progressivement selon la taille de l’entreprise (grandes entreprises et ETI en 2026, PME et micro-entreprises en 2027).
Concrètement, même une PME qui n’émet que peu de factures devra être prête à recevoir des factures électroniques dès 2026. L’émission, souvent plus complexe à mettre en place, bénéficie d’un délai supplémentaire, mais nécessite une préparation en amont (outils, formats, processus).
Qui est concerné par le e-reporting ?
Le e-reporting concerne les entreprises qui réalisent des opérations hors périmètre du e-invoicing, en particulier :
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les ventes B2C (avec TVA),
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les transactions internationales (export, intracommunautaire),
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certaines situations mixtes B2B / B2C.
Dans ces cas, la facture n’est pas toujours transmise via une plateforme agréée, mais les données de transaction doivent être déclarées à l’administration fiscale. C’est pourquoi de nombreuses entreprises, parfois déjà concernées par le e-invoicing, sont en réalité soumises aux deux obligations.
Le e-reporting est souvent sous-estimé, car il est moins visible que la facture électronique, mais il impose une discipline forte sur la qualité, la cohérence et la transmission des données TVA.
Calendrier e-invoicing vs e-reporting : ce qui change en 2026 et 2027
La réforme de la facturation électronique repose sur un calendrier progressif, mais les obligations de e-invoicing et de e-reporting n’évoluent pas exactement au même rythme. Comprendre cette différence est essentiel pour anticiper correctement ses obligations dès 2026.
À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en mesure de recevoir des factures électroniques dans le cadre du e-invoicing. À cette même date, les grandes entreprises et ETI seront également tenues d’émettre leurs factures B2B sous forme électronique. Le e-reporting démarre lui aussi à partir de 2026 pour les entreprises concernées par des opérations hors B2B France (B2C, international), avec l’obligation de transmettre les données de transaction à l’administration fiscale.
Le 1er septembre 2027 marque la généralisation de l’obligation d’émission de factures électroniques. À compter de cette date, toutes les entreprises, y compris les PME et micro-entreprises, devront émettre leurs factures B2B via le circuit officiel. Le e-reporting, quant à lui, devient pleinement opérationnel pour l’ensemble des entreprises concernées par son périmètre, en continuité avec les obligations déjà amorcées en 2026.
Pour une vision détaillée et officielle des échéances selon votre profil, nous vous recommandons de consulter notre calendrier complet des obligations de facturation électronique 2026–2027.
Comment anticiper e-invoicing et e-reporting sans complexité
La première étape consiste à clarifier l’organisation cible, plutôt qu’à chercher un outil unique censé tout couvrir.
La réforme n’impose pas d’utiliser une seule solution pour le e-invoicing et le e-reporting : émission et réception peuvent parfaitement reposer sur des outils distincts, à condition qu’ils soient interopérables et conformes au cadre réglementaire.
Dans de nombreuses organisations, c’est d’ailleurs un choix pertinent :
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l’outil de facturation ou l’ERP gère l’émission des factures électroniques,
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tandis qu’une solution d’e-procurement ou de Procure-to-Pay se concentre sur la réception, le contrôle et l’intégration des factures fournisseurs.
Cette séparation des rôles présente un avantage clé : elle permet de sécuriser la conformité côté réception, là où les volumes, les risques et la charge opérationnelle sont les plus élevés, sans complexifier inutilement les processus d’émission.
L’enjeu n’est donc pas de centraliser à tout prix, mais de s’assurer que chaque maillon (émission, réception, e-reporting) s’inscrit dans une architecture cohérente, capable de dialoguer avec les plateformes agréées et de fiabiliser les données transmises à l’administration.
Deux obligations différentes, une même stratégie à anticiper
Le e-invoicing et le e-reporting sont souvent abordés comme un tout, alors qu’ils répondent à deux obligations distinctes, avec des périmètres, des flux et des impacts opérationnels différents. Le premier structure les échanges de factures B2B en France, le second organise la transmission de données de transaction à l’État pour les opérations hors e-invoicing.
S’ils relèvent de la même réforme, leurs logiques ne se confondent pas. Les traiter comme un sujet unique expose à des erreurs d’interprétation, des retards de mise en conformité et des choix d’outillage inadaptés.
À l’inverse, une anticipation structurée, alignée avec vos processus finance et achats, permet de transformer cette contrainte réglementaire en levier de fiabilité, de visibilité et de performance. En intégrant le e-invoicing et le e-reporting dans une approche globale du Procure-to-Pay et du pilotage de la donnée, la réforme devient un facteur de sérénité opérationnelle plutôt qu’une source de complexité.
La clé n’est pas de subir les échéances, mais de les utiliser pour bâtir une trajectoire durable de conformité et de maîtrise financière.





