Make or Buy : La Stratégie Essentielle pour des Achats et une Finance Optimisés

Illustration de l’équilibre entre optimisation des processus et performance financière dans les achats

Qui n’a jamais entendu parler du fameux concept Make or Buy ? Cette théorie, bien que parfois perçue comme un dilemme purement rhétorique, prend toute son ampleur stratégique en entreprise dès lors qu’une décision d’investissement ou d’achat engage les finances et l’avenir de l’organisation. Loin d’être une simple question ponctuelle, elle constitue une réflexion fondamentale sur la manière dont une entreprise alloue ses ressources, optimise ses processus et renforce sa position sur le marché.

Dans un environnement économique en constante mutation, marqué par la mondialisation, la digitalisation et l’accélération des cycles d’innovation, la capacité à évaluer judicieusement s’il faut “faire” en interne ou “acheter” à l’extérieur est devenue un pilier de l’excellence opérationnelle. Cette décision impacte directement la rentabilité, la flexibilité, la qualité et la capacité d’innovation d’une entreprise, en particulier au sein des départements des achats et de la finance, qui sont les garants de l’optimisation des coûts et de la création de valeur.

Cet article se propose d’explorer en profondeur la stratégie Make or Buy : ses origines, ses implications, ses avantages et ses inconvénients, avec un focus particulier sur son application aux processus achats. Nous fournirons des clés méthodologiques pour réussir cette décision cruciale, afin que chaque projet d’entreprise soit une réussite éclairée et stratégiquement fondée.

⏱️ L’Essentiel en 2 minutes

  • Le dilemme Make or Buy consiste à choisir entre la production interne (Make) et l’externalisation (Buy) d’un produit, service ou processus, une décision stratégique engageant les finances et les ressources de l’entreprise.
  • L’approche “Make” offre une maîtrise totale, une protection de la propriété intellectuelle et un contrôle qualité rigoureux, mais exige des investissements initiaux élevés et une expertise interne. L’approche “Buy” permet une réduction des coûts, l’accès à une expertise spécialisée et une flexibilité accrue, mais engendre des risques de dépendance et de perte de contrôle.
  • L’externalisation des processus achats est pertinente pour optimiser la rentabilité, pallier un manque de ressources internes, accéder aux meilleurs fournisseurs, faciliter la gestion complexe des prestataires et sécuriser le lancement de nouveaux produits. Une planification rigoureuse, une sélection exigeante du prestataire et un pilotage continu sont essentiels à sa réussite.

Qu’est-ce que la stratégie Make or Buy ?

Avant d’explorer les complexités et les nuances de cette décision stratégique, il est fondamental de bien comprendre ce que recouvre la stratégie Make or Buy. C’est une question qui se pose à de multiples niveaux dans l’entreprise, des composants d’un produit aux services supports, en passant par des fonctions entières comme les achats.

Définition et concepts clés

Le dilemme Make or Buy est, par essence, une décision stratégique qui consiste à choisir entre la production en interne ou l’acquisition externe d’un bien, d’un service ou d’un processus. Chaque option présente des caractéristiques distinctes et engage l’entreprise de manière différente sur le plan opérationnel, financier et stratégique.

Le concept de “Make“, ou production interne, signifie que l’entreprise choisit de fabriquer un produit, de développer une technologie ou de fournir un service en utilisant ses propres ressources, infrastructures et compétences. Cette approche implique une maîtrise directe et complète de chaque aspect du processus, depuis la conception jusqu’à la livraison finale. Pour le “Make”, l’entreprise déploie ses propres équipements, ses équipes, ses technologies et son savoir-faire. Cela lui confère une autonomie et un contrôle maximal sur la qualité, les délais et les spécifications techniques. L’engagement financier est souvent initial et significatif, mais il est réalisé sous l’entière direction de l’entreprise.

À l’opposé, le “Buy“, ou externalisation, implique l’achat de produits, de services ou la sous-traitance de processus auprès de fournisseurs ou de prestataires externes spécialisés. L’objectif est ici de bénéficier de l’expertise, des économies d’échelle ou des capacités que l’entreprise ne possède pas en interne ou qu’elle ne souhaite pas développer. Cette stratégie permet de déléguer la responsabilité de certaines activités à des tiers, libérant ainsi des ressources internes pour les concentrer sur le cœur de métier de l’entreprise. L’engagement financier prend souvent la forme de paiements récurrents ou de contrats de service, avec une dépendance aux conditions définies par le prestataire.

La décision Make or Buy n’est donc jamais anodine. Elle représente un engagement financier et stratégique majeur qui redéfinit les frontières de l’entreprise et la nature de ses relations avec son écosystème. Elle implique une analyse rigoureuse et une compréhension approfondie des implications à court et long terme pour l’ensemble de l’organisation.

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Les origines de la théorie

Bien que le dilemme de faire ou d’acheter existe depuis l’aube du commerce, sa formalisation en tant que stratégie d’entreprise est relativement récente. C’est à Robert Newton Anthony que l’on doit la première théorisation structurée de cette stratégie. Dans son ouvrage fondateur, “Management Control Systems”, véritable bible du contrôle de gestion, Anthony a introduit le Make or Buy comme un “choix stratégique qui doit être fait par chaque entreprise”. Il a mis en avant une approche profondément analytique, soulignant que la décision ne devait pas se limiter au simple prix d’achat, mais devait englober l’ensemble des coûts totaux, y compris les coûts internes d’organisation et de gestion liés à la réalisation du service ou à l’intégration du produit.

Une décennie plus tard, en 1978, William J. Abernathy a enrichi cette théorie avec son célèbre article “The Productivity Dilemma”. Abernathy a introduit le facteur de la concurrence comme un élément déterminant dans la décision Make or Buy. Il a suggéré que pour maintenir leur avantage concurrentiel et rester agiles face aux évolutions du marché, les entreprises devaient se concentrer sur leurs activités principales et externaliser toutes les fonctions qui ne constituaient pas leur cœur de métier. Cette perspective a légitimé l’externalisation non seulement comme un moyen de réduire les coûts, mais aussi comme une stratégie pour renforcer la focalisation et la compétitivité.

L’évolution de l’économie mondiale a continuellement recontextualisé et amplifié la pertinence de cette stratégie. L’industrialisation a d’abord permis aux entreprises de produire en masse, rendant le “Make” plus efficace pour certaines industries. Puis, avec les avancées technologiques, l’externalisation de fonctions non essentielles est devenue non seulement possible, mais souvent plus avantageuse. La mondialisation a ouvert les marchés à une multitude de fournisseurs internationaux, chacun offrant des spécialisations et des structures de coûts différentes. Enfin, la digitalisation a révolutionné la communication, la logistique et la gestion des données, rendant la coordination avec des partenaires externes plus fluide et les décisions Make or Buy encore plus complexes et cruciales. Aujourd’hui, cette stratégie est au cœur des réflexions d’optimisation des processus achats et financiers.

Avantages et Inconvénients du “Make” (Production Interne)

Choisir la production interne, c’est opter pour une approche de pleine maîtrise et d’intégration verticale. Cette option présente des atouts indéniables, mais elle s’accompagne également de défis et de contraintes significatifs que toute entreprise doit évaluer avec lucidité.

Bénéfices de la production interne

Le “Make” offre une série d’avantages stratégiques qui peuvent s’avérer déterminants pour la performance et la pérennité d’une entreprise :

Garantir la maîtrise totale du processus de production : Produire en interne confère à l’entreprise un contrôle absolu sur chaque étape de la chaîne de valeur, de la conception des matières premières jusqu’à la distribution du produit fini. Cette maîtrise permet une réactivité maximale face aux imprévus, une capacité d’ajustement rapide des méthodes et une garantie constante de la qualité des produits ou services. L’entreprise peut imposer ses propres standards, s’assurer de leur respect scrupuleux et maintenir une cohérence irréprochable sur l’ensemble de ses opérations.

Protéger la propriété intellectuelle et les secrets commerciaux : Dans un monde où l’innovation est un avantage concurrentiel majeur, la production interne est un rempart essentiel. Elle permet de mieux protéger les brevets, les savoir-faire, les formules confidentielles et les technologies propriétaires. En gardant le contrôle direct sur la fabrication et le développement, l’entreprise réduit drastiquement le risque de fuite d’informations, de copie ou de vol de propriété intellectuelle, ce qui est crucial pour les entreprises dont l’innovation est au cœur de leur modèle économique.

Permettre l’intégration verticale et contrôler la qualité : L’intégration verticale, facilitée par la production interne, permet à l’entreprise d’internaliser plusieurs étapes de sa chaîne d’approvisionnement. Cela se traduit par une meilleure coordination entre les différentes opérations, une réduction des intermédiaires et, par conséquent, un contrôle qualité plus rigoureux. L’entreprise peut s’assurer que les composants ou les services intermédiaires respectent ses exigences avant même qu’ils n’atteignent l’étape finale de production, garantissant ainsi une qualité homogène et élevée du produit ou service livré au client final.

Favoriser l’innovation et la personnalisation interne : En ayant ses propres équipes de recherche et développement et de production, l’entreprise peut stimuler l’innovation de manière plus directe et agile. Les retours d’expérience du processus de fabrication peuvent être immédiatement intégrés pour améliorer les produits existants ou en développer de nouveaux. De plus, la production interne offre une grande flexibilité pour la personnalisation des produits ou services, permettant de répondre précisément aux besoins spécifiques des clients ou aux évolutions rapides du marché sans dépendre des capacités ou des contraintes d’un fournisseur externe.

Défis et contraintes du “Make”

Malgré ses nombreux atouts, l’option “Make” n’est pas sans inconvénients et peut présenter des freins importants pour certaines entreprises :

Identifier les investissements initiaux élevés (équipement, formation) : La décision de produire en interne implique souvent des investissements capitaux considérables. L’acquisition de machines, d’équipements spécialisés, la construction ou l’aménagement de nouvelles infrastructures de production, ainsi que les coûts de formation des équipes pour maîtriser de nouvelles compétences peuvent représenter des sommes importantes. Ces dépenses initiales peuvent peser lourdement sur la trésorerie de l’entreprise et retarder le retour sur investissement.

Souligner le besoin d’expertise interne spécifique : Pour maîtriser un processus de production en interne, l’entreprise doit disposer de l’expertise et du savoir-faire nécessaires. Si ces compétences ne sont pas déjà présentes, il faut soit recruter des talents spécialisés, soit investir dans des programmes de formation complexes et coûteux. Cette acquisition d’expertise peut être longue et difficile, et son absence peut compromettre l’efficacité et la qualité de la production interne.

Évaluer les coûts fixes potentiellement plus élevés : La production interne s’accompagne généralement d’une augmentation des coûts fixes, tels que les salaires du personnel de production, les charges d’amortissement des équipements, les frais d’entretien des infrastructures, l’assurance ou les impôts fonciers. Ces coûts doivent être assumés indépendamment du volume de production, ce qui peut rendre l’entreprise vulnérable en cas de baisse de la demande ou de sous-utilisation de ses capacités de production.

Évoquer le manque de flexibilité face aux variations de demande : Une capacité de production interne est souvent dimensionnée pour un niveau de demande moyen ou élevé. En cas de fortes fluctuations du marché ou de variations saisonnières imprévues, l’entreprise peut se retrouver avec une capacité excédentaire (coûts élevés pour une faible production) ou insuffisante (incapacité à répondre à une forte demande). Cette rigidité structurelle limite la capacité de l’entreprise à s’adapter rapidement aux changements et peut entraîner des pertes d’opportunités ou une augmentation des coûts de stockage.

Avantages et Inconvénients du “Buy” (Externalisation)

L’externalisation, ou “Buy”, est devenue une stratégie incontournable pour de nombreuses entreprises cherchant à optimiser leurs opérations, réduire leurs coûts et se concentrer sur leurs compétences distinctives. Cependant, cette approche n’est pas sans risques et nécessite une gestion rigoureuse.

Atouts de l’externalisation

L’option “Buy” offre des leviers de performance considérables, notamment pour les achats et la finance :

Réduire les coûts opérationnels (économies d’échelle, main-d’œuvre) : L’un des principaux moteurs de l’externalisation est la réduction des coûts. Les prestataires spécialisés bénéficient souvent d’économies d’échelle, produisant en grand volume pour plusieurs clients, ce qui réduit leur coût unitaire. Ils peuvent également avoir accès à une main-d’œuvre qualifiée à des coûts plus faibles, notamment via la délocalisation. Pour l’entreprise qui externalise, cela se traduit par une transformation des coûts fixes en coûts variables, une meilleure prévisibilité des dépenses et des économies substantielles sur les charges opérationnelles liées à la production ou à la prestation de services.

Accéder à une expertise et technologies spécialisées : L’externalisation permet aux entreprises de bénéficier instantanément de l’expertise et des technologies de pointe que des prestataires spécialisés ont développées. Plutôt que d’investir massivement dans la recherche et le développement, la formation du personnel et l’acquisition d’équipements spécifiques, l’entreprise peut simplement “acheter” cette compétence. Cela garantit un accès à des standards de qualité élevés, à des innovations récentes et à un savoir-faire que l’entreprise n’aurait pas pu développer ou maintenir en interne de manière aussi efficace ou rentable.

Offrir une flexibilité accrue, adaptabilité aux marchés : L’externalisation confère une grande souplesse. Elle permet d’ajuster rapidement les volumes de production ou de service en fonction des fluctuations de la demande sans avoir à gérer les lourdeurs d’une infrastructure interne. L’entreprise peut facilement augmenter ou réduire ses capacités en modifiant ses contrats avec les fournisseurs. Cette agilité est cruciale dans des marchés volatils, permettant à l’entreprise de réagir plus vite aux opportunités ou aux menaces, et de tester de nouveaux produits ou marchés avec moins de risques.

Permettre de se concentrer sur le cœur de métier : En déléguant les activités non essentielles ou périphériques à des experts externes, l’entreprise peut recentrer ses ressources (financières, humaines, managériales) sur ses compétences fondamentales, celles qui créent une valeur unique pour ses clients et qui constituent son avantage concurrentiel. Cette focalisation accrue améliore l’efficacité globale, stimule l’innovation dans les domaines stratégiques et renforce la position de l’entreprise sur son marché principal.

Risques et dépendances du “Buy”

Si l’externalisation présente des avantages certains, elle n’est pas exempte de pièges et peut engendrer de nouvelles vulnérabilités si elle n’est pas gérée avec vigilance :

Énumérer les risques : qualité, délais, confidentialité : En confiant une partie de ses opérations à un tiers, l’entreprise s’expose à des risques sur la qualité des produits ou services livrés, qui peuvent ne pas toujours correspondre aux standards internes. Les retards de livraison de la part du fournisseur peuvent perturber la propre chaîne de production ou de service de l’entreprise, engendrant des pertes financières et une insatisfaction client. Enfin, la confidentialité des données et des informations stratégiques peut être compromise si le prestataire ne dispose pas de protocoles de sécurité adéquats ou si des clauses contractuelles strictes ne sont pas mises en place et respectées.

Analyser la dépendance envers les fournisseurs : L’externalisation crée inévitablement une dépendance vis-à-vis des prestataires externes. Cette dépendance peut devenir critique si l’entreprise se retrouve avec un nombre limité de fournisseurs, ou pire, un seul fournisseur. En cas de défaillance, de litige, de hausse de prix abusive ou de cessation d’activité du fournisseur, l’entreprise peut se retrouver dans une situation délicate, voire paralysée, sans solution de rechange immédiate. Cette situation affaiblit son pouvoir de négociation et sa résilience.

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Gérer les problèmes de communication et coordination : Travailler avec des partenaires externes, parfois situés dans des fuseaux horaires différents ou ayant des cultures d’entreprise distinctes, peut compliquer la communication et la coordination. Les malentendus, les délais de réponse ou les difficultés à aligner les objectifs peuvent entraîner des erreurs, des retards et une diminution de l’efficacité opérationnelle. Une gestion de projet rigoureuse et des outils de collaboration efficaces sont indispensables pour minimiser ces frictions.

Mentionner la perte de maîtrise technologique ou stratégique : En externalisant une fonction ou une production, l’entreprise peut, à terme, perdre le savoir-faire interne lié à cette activité. Si le marché évolue ou si le fournisseur cesse de développer sa technologie, l’entreprise pourrait se retrouver démunie sans les compétences nécessaires pour reprendre l’activité en interne. Cette perte de maîtrise technologique ou stratégique peut réduire sa capacité d’innovation future et sa flexibilité à long terme, la rendant captive des choix technologiques de ses prestataires.

Critère “Make” (Production Interne) “Buy” (Externalisation)
Coût Initial Élevé (investissements, infrastructures, formation) Faible (paiements de services)
Coûts Opérationnels Coûts fixes souvent plus élevés, contrôle direct Coûts variables, réductions possibles via économies d’échelle
Maîtrise et Contrôle Total sur qualité, délais, propriété intellectuelle Partiel, dépendance envers le prestataire
Accès Expertise/Tech Développement interne long et coûteux Accès rapide à des compétences et technologies spécialisées
Flexibilité/Adaptabilité Rigidité face aux variations de demande Grande souplesse, ajustement rapide des capacités
Risques Sous-utilisation des capacités, coûts fixes Qualité, délais, confidentialité, dépendance fournisseur, perte de savoir-faire
Focus Stratégique Diversification, intégration verticale Concentration sur le cœur de métier

Le Make or Buy appliqué aux processus achats : Quand externaliser ?

La fonction achats est l’un des domaines où la stratégie Make or Buy prend tout son sens. Optimiser les achats est un levier puissant pour accroître la rentabilité d’une entreprise. Cependant, les processus d’achat peuvent être complexes et chronophages. C’est pourquoi de plus en plus d’entreprises, en particulier les TPE et PME, se tournent vers l’externalisation de cette fonction.

Définition de l’externalisation des achats

L’externalisation des achats est une démarche stratégique qui consiste à confier la gestion de tout ou partie des activités et services liés aux achats et approvisionnements à un prestataire externe spécialisé. Cette pratique est également connue sous les termes d’outsourcing ou de Business Process Outsourcing (BPO). Elle représente un outil de développement efficace pour les entreprises, leur permettant de bénéficier de l’expertise d’acteurs dont le cœur de métier est l’achat.

Il est important de noter que l’externalisation ne signifie pas nécessairement déléguer l’intégralité de la fonction. Une entreprise peut choisir de confier uniquement la gestion des achats directs (matières premières, composants clés) ou des achats indirects (fournitures de bureau, services informatiques, flotte automobile). Le prestataire externe peut également intervenir sur le plan organisationnel, en aidant à structurer et à optimiser le processus d’achat interne, même si l’exécution reste en partie en interne. La granularité de l’externalisation dépendra des besoins spécifiques et des objectifs stratégiques de l’entreprise.

Il est crucial de distinguer l’externalisation de la sous-traitance. Bien que toutes deux impliquent le recours à un tiers, l’externalisation se caractérise par une collaboration de longue durée, inscrite dans une logique stratégique de partenariat et de transformation. La sous-traitance, quant à elle, revêt un caractère plus ponctuel, souvent liée à un projet spécifique ou à un besoin temporaire de capacité de production ou de service. L’externalisation des achats est une démarche profonde qui réaligne les ressources et les compétences de l’entreprise sur le long terme.

Situations clés pour externaliser les achats

La décision d’externaliser ses achats n’est pas prise à la légère. Elle est souvent motivée par des contextes spécifiques où les avantages de l’externalisation surpassent largement ceux de l’internalisation. Voici les situations les plus courantes qui poussent les entreprises à opter pour le “Buy” en matière d’achats :

Optimiser la rentabilité (réduction coûts, qualité, prévention incidents) : Une gestion des achats performante a un impact direct sur la rentabilité. L’externalisation peut garantir une réduction significative des coûts grâce aux économies d’échelle et à la négociation experte des prestataires. Elle permet aussi d’améliorer la qualité des matériaux achetés, ce qui se répercute sur la qualité du produit fini. De plus, une politique d’achats optimisée permet de prévenir des incidents majeurs comme les ruptures d’approvisionnement ou les retards de livraison, qui pourraient paralyser la chaîne de production et entraîner une baisse de rentabilité ou la perte de clients. Le prestataire externe met en œuvre des stratégies efficaces pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement.

Pallier l’absence ou le manque de ressources du service achats interne : De nombreuses TPE et PME ne disposent pas d’un département achats structuré ou de ressources suffisantes pour gérer des volumes de commandes importants ou des achats complexes. Dans ces cas, l’externalisation devient une solution pragmatique. Elle évite d’avoir à recruter des acheteurs expérimentés, une démarche qui peut s’avérer coûteuse et chronophage sur le long terme, surtout si le besoin n’est pas constant. L’entreprise bénéficie ainsi d’une expertise sans les charges salariales associées.

Détecter les meilleurs fournisseurs, solidifier chaîne d’approvisionnement : Le choix des fournisseurs est une étape cruciale. Or, les directions achats peuvent manquer de savoir-faire, de ressources ou de temps pour identifier des prestataires qualifiés et fiables. La recherche des meilleurs fournisseurs, l’établissement de critères de sélection pertinents et la négociation sont des tâches périlleuses. Un prestataire externe, grâce à son réseau et à son expertise, peut détecter les fournisseurs offrant les meilleures conditions en termes de prix, de qualité, de délais et de fiabilité, renforçant ainsi la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

Faciliter la gestion et négociation fournisseurs complexes : Collaborer avec de multiples fournisseurs, chacun avec ses spécificités, ses produits et ses conditions tarifaires, peut devenir un véritable casse-tête. La gestion des relations fournisseurs, l’analyse des offres et la mise en place de stratégies de négociation performantes requièrent des compétences spécifiques. Si les équipes internes ne les possèdent pas ou sont débordées, l’externalisation offre une solution pour rationaliser et optimiser ces processus, en bénéficiant de l’expertise de négociateurs aguerris.

Optimiser le processus achats (manque de compétences, urgence) : Le manque de ressources ou de compétences internes peut entraver l’optimisation du processus achats, en particulier lors de projets importants ou de situations urgentes. Lorsque le temps manque pour un recrutement, l’externalisation permet de renforcer rapidement les capacités du service achats, d’apporter des compétences externes pointues et de garantir l’efficacité des opérations. Elle est la solution idéale pour pallier un besoin ponctuel en expertise ou pour accélérer la mise en œuvre de nouvelles stratégies.

Sécuriser le lancement d’un nouveau produit (expertise professionnelle) : Le lancement d’un nouveau produit est un projet complexe qui demande une vigilance accrue à toutes les étapes, des achats à la production en passant par la logistique. Des problèmes au niveau des achats peuvent entraîner des retards, des surcoûts et des pertes importantes. L’intervention d’un professionnel externe assure une expertise et une sécurisation du processus d’approvisionnement, évitant les écueils. De plus, cela permet d’éviter les coûts générés par des recrutements supplémentaires à long terme pour renforcer temporairement l’équipe de production.

Processus de décision pour l’externalisation des achats

ÉVALUATION INITIALE

Analyse Interne

Capacités, compétences, ressources achats actuelles.

➡️

Identification des Besoins

Objectifs de rentabilité, flexibilité, qualité, etc.

➡️

Analyse Coûts/Risques

Comparaison “Make” vs “Buy” pour la fonction achats.

⬇️
DÉCISION & MISE EN ŒUVRE

Planification du Projet

Cahier des charges, équipe, stratégie.

➡️

Sélection du Prestataire

Savoir-faire, expérience, tarifs, réputation.

➡️

Négociation & Contrat

Définition des KPIs, clauses de service, confidentialité.

⬇️
PILOTAGE CONTINU

Suivi des Performances

Tableaux de bord, KPIs, ajustements réguliers.

Comment réussir sa décision Make or Buy (et l’externalisation des achats) ?

La décision Make or Buy, et plus spécifiquement l’externalisation des achats, est un processus stratégique complexe qui exige une méthodologie rigoureuse. Une approche structurée permet de minimiser les risques et de maximiser les bénéfices attendus.

Critères de décision stratégiques

Pour prendre la bonne décision, plusieurs facteurs clés doivent être analysés en profondeur, au-delà de la simple comparaison des prix :

Analyser la nature de l’activité (centrale vs périphérique) : La première question à se poser est de savoir si l’activité en question est au cœur du métier de l’entreprise. Les activités dites “centrales”, qui constituent un avantage concurrentiel distinctif et directement liées à la mission principale de l’entreprise, sont généralement mieux gérées en interne pour maintenir la maîtrise et protéger le savoir-faire. Les activités “périphériques”, qui sont nécessaires mais ne confèrent pas un avantage concurrentiel direct, sont de bons candidats à l’externalisation. Une cartographie claire des activités est essentielle.

Évaluer les compétences et ressources internes disponibles : L’entreprise dispose-t-elle de l’expertise, des technologies, des équipements et des ressources humaines nécessaires pour produire ou gérer l’activité en interne de manière optimale ? Si les compétences sont inexistantes, insuffisantes ou obsolètes, et que leur acquisition ou leur développement interne s’avère trop coûteux, long ou risqué, l’option “Buy” devient plus pertinente. Il s’agit d’une évaluation honnête des capacités actuelles et futures de l’entreprise.

Réaliser une analyse coûts-bénéfices détaillée (directs, indirects) : Cette analyse doit aller bien au-delà du prix apparent. Pour l’option “Make”, il faut inclure tous les coûts directs (matières premières, main-d’œuvre, équipements, R&D) et indirects (frais généraux, maintenance, management, assurance, obsolescence, coûts d’opportunité). Pour l’option “Buy”, il faut considérer le prix du prestataire, mais aussi les coûts de gestion de la relation fournisseur, les coûts de transition, les frais de voyage, les risques de litige et les coûts liés à une perte potentielle de contrôle. L’objectif est de comparer le coût total de possession (Total Cost of Ownership – TCO) pour chaque option, en incluant les économies potentielles et les gains d’efficacité.

Évaluer tous les risques potentiels (qualité, sécurité, confidentialité, dépendance) : Chaque option présente des risques spécifiques. Pour le “Make”, les risques peuvent inclure l’incapacité à innover, la rigidité face au marché, ou des investissements non rentables. Pour le “Buy”, les risques de dépendance vis-à-vis du fournisseur, de perte de qualité, de non-respect des délais, de fuite de données confidentielles ou de problèmes de conformité sont majeurs. Une matrice des risques doit être établie pour chaque scénario, évaluant la probabilité et l’impact de chaque risque afin d’éclairer la décision.

Étapes clés pour externaliser ses achats avec succès

L’externalisation des achats est une démarche stratégique qui doit être menée avec méthode pour en garantir le succès et éviter les écueils :

Planifier le projet d’externalisation (équipe, risques, cahier des charges) : Toute externalisation réussie commence par une planification rigoureuse en amont. Il est essentiel de constituer une équipe projet dédiée, chargée d’étudier les besoins, d’identifier les risques potentiels et d’élaborer un plan d’exécution détaillé. La rédaction d’un cahier des charges précis est primordiale : il doit définir clairement les objectifs, le périmètre des activités à externaliser, les attentes en termes de qualité, de délais, de performances et les contraintes budgétaires. Une bonne planification garantit le bon déroulement du processus et une meilleure intégration du prestataire.

Élaborer une stratégie d’externalisation (longue durée, éviter perte contrôle) : L’externalisation est, par définition, une collaboration de longue durée. Il est donc crucial d’élaborer une stratégie qui anticipe l’évolution des besoins de l’entreprise et les défis potentiels. L’un des risques majeurs est la perte de contrôle sur la fonction externalisée. La stratégie doit inclure des mécanismes pour maintenir un certain niveau de supervision, garantir la transparence des opérations et s’assurer que les objectifs du prestataire restent alignés avec ceux de l’entreprise. Il s’agit de trouver le juste équilibre entre délégation et pilotage.

Analyser coûts et efficacité attendus de la démarche : Avant de s’engager, une analyse approfondie des coûts et de l’efficacité attendus est indispensable. Il ne s’agit pas seulement de s’assurer que le prestataire propose des tarifs compétitifs, mais aussi d’évaluer les économies substantielles générées par le projet d’externalisation. Une mauvaise estimation des gains potentiels ou une sous-évaluation des coûts cachés (gestion de contrat, communication, audits) pourrait rendre l’opération contre-productive. L’évaluation doit tenir compte des spécificités du marché, des produits ou services concernés et des objectifs de performance recherchés.

Sélectionner rigoureusement le prestataire (savoir-faire, expérience, tarifs) : Le choix du prestataire est la pierre angulaire d’une externalisation réussie. Un tri rigoureux s’impose, basé sur des critères pertinents : le savoir-faire et l’expertise du prestataire, son expérience dans le secteur d’activité de l’entreprise, sa réputation, ses références et, bien sûr, ses tarifs. Le prestataire doit être capable d’améliorer la performance des achats, d’assurer une bonne coordination, une meilleure gestion des stocks et des fournisseurs, une optimisation des processus d’approvisionnement et une mise en place de stratégies d’achat pertinentes. Il est recommandé de comparer plusieurs offres pour identifier le partenaire idéal qui saura répondre aux besoins spécifiques de l’entreprise.

Négocier les termes du contrat (qualité, coûts, régularité, KPIs) : La négociation du contrat est une étape critique. Les termes doivent être précis et exhaustifs, couvrant tous les aspects de la prestation : la qualité des services ou produits (définie par des standards et des audits réguliers), les coûts détaillés et leur évolution, la régularité des livraisons, les pénalités en cas de non-respect des engagements, et surtout, les indicateurs clés de performance (KPIs) mesurables. Ces KPIs permettront de piloter la prestation et d’évaluer l’efficacité de l’externalisation. Un contrat bien rédigé est la meilleure protection contre les litiges futurs.

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Centraliser les achats, piloter l’externalisation (tableau de bord, KPIs) : Pour maximiser les bénéfices de l’externalisation, il est souvent nécessaire de centraliser les achats avant ou pendant le processus. Cela permet de réduire les achats indirects ou “dissidents”, qui génèrent souvent des dépenses cachées. Une fois l’externalisation mise en place, un pilotage continu est indispensable. L’entreprise doit créer une entité ou désigner un responsable pour collaborer étroitement avec le prestataire. L’élaboration d’un tableau de bord avec des indicateurs de performance clés est essentielle pour évaluer l’efficacité des achats externalisés, identifier les points d’amélioration et s’assurer que les objectifs sont atteints. Des solutions de gestion des achats comme Weproc peuvent grandement faciliter ce pilotage, en offrant une visibilité en temps réel et des outils d’analyse performants pour améliorer les pratiques d’achat.

Avantages Clés de l’Externalisation des Achats
Contrôle et Réduction des Coûts : Rationalisation des dépenses, transformation des coûts fixes en variables, stratégie d’achats efficaces pour des économies garanties. Une facture mensuelle unique simplifie la gestion budgétaire.
Réduction des Risques et Économies Garanties : Déploiement de méthodes d’achat plus efficaces par le prestataire, optimisant l’approvisionnement et minimisant les risques de rupture ou de qualité inférieure.
Accès à une Expertise Spécialisée : Bénéfice de l’expérience, du réseau et des outils des experts externes sans investissements lourds internes. Accroissement de la qualité et de l’innovation dans les processus achats.
Flexibilité et Réactivité Accrues : Capacité à s’adapter rapidement aux fluctuations du marché et aux besoins spécifiques, sans la rigidité d’une structure interne.
Réduction des Charges Administratives : Simplification des tâches complexes et chronophages (bons de commande, négociation, facturation), permettant aux équipes internes de se concentrer sur le cœur de métier et le développement commercial.
Optimisation des Processus : Renforcement des compétences du service achats, amélioration des méthodes et des outils, même pour les achats stratégiques, grâce à l’apport de professionnels.

Conclusion : Le Make or Buy, un levier d’excellence opérationnelle

La stratégie Make or Buy est bien plus qu’une simple alternative entre produire en interne ou acheter à l’extérieur. Elle constitue un dilemme stratégique fondamental et dynamique, dont la résolution impacte profondément la structure, la performance et la capacité d’adaptation d’une entreprise.

Dans un environnement commercial en perpétuelle évolution, il est impératif d’insister sur l’évaluation régulière de cette décision. Les conditions du marché changent, les technologies évoluent, et les capacités internes de l’entreprise se transforment. Ce qui était une décision optimale hier ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Une veille constante, une analyse coûts-bénéfices actualisée et une réévaluation des risques sont essentielles pour maintenir l’alignement stratégique et opérationnel.

L’impact direct du Make or Buy sur l’optimisation des opérations est indéniable. Une décision judicieuse peut générer des réductions de coûts significatives, améliorer la qualité des produits et services, accélérer les délais de mise sur le marché et libérer des ressources pour des initiatives stratégiques. C’est un levier puissant pour accroître l’efficacité et la rentabilité, en particulier lorsqu’elle est appliquée aux processus d’achats, où les gains peuvent être substantiels.

Enfin, cette stratégie est un gage de flexibilité, une qualité indispensable pour s’adapter au changement constant. En choisissant d’externaliser des fonctions non stratégiques, les entreprises peuvent devenir plus agiles, plus réactives aux innovations et aux ruptures de marché, et plus résilientes face aux imprévus économiques. À l’inverse, l’internalisation d’activités clés renforce le contrôle et l’innovation dans des domaines vitaux.

En somme, le Make or Buy n’est pas une décision ponctuelle, mais une approche stratégique continue, qui, lorsqu’elle est maîtrisée, devient un puissant moteur d’excellence opérationnelle et un facteur clé de succès dans le paysage économique contemporain. En naviguant avec intelligence entre les opportunités du “Make” et du “Buy”, les entreprises peuvent construire une organisation robuste, efficiente et prête à relever les défis de demain.

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